
Un retour de coach sur le film « Le Gourou »
Étant moi-même coach en développement personnel, je trouvais intéressant d’aller voir ce film avec un angle de vue professionnel. Si j’ai aimé le film dans sa globalité pour ses qualités cinématographiques, je reste assez déçu par la manière dont il dépeint notre métier. Le film ne montre malheureusement pas les réalités de cette magnifique profession telle qu’elle est pratiquée en France.
Entre inspiration et caricature
Dans le film, nous suivons « Coach Matt », que je qualifierais davantage de conférencier. Ce personnage, fan de coaching à l'américaine, s’inspire fortement de Tony Robbins et du documentaire « I Am Not Your Guru » (disponible sur Netflix).
C’est ce point qui me dérange le plus : le côté « show », « just do it », « no pain, no gain », la routine parfaite et les bains glacés (méthode Wim Hof). Tout cela est très éloigné de la réalité du métier. Le film renforce une croyance erronée sur ce que font les coachs de leurs journées. Dans la vraie vie, les coachs français passent les trois quarts de leur temps à coacher en individuel. Et pour les coachs-conférenciers, leurs interventions sont axées sur l'apprentissage et l'humain plutôt que sur la performance pure. Pour vous en convaincre, allez voir le travail de Thomas d’Ansembourg, Christophe André ou David Laroche. C’est à cela que ressemble le développement personnel chez nous.
Diplôme vs Compétences : le vrai débat
Le film montre un État souhaitant réglementer la profession. C’est un sujet d’actualité. Aujourd’hui, en France, il existe un titre officiel (le RNCP par France Compétence) et des certifications internationales. Pour ma part, je bénéficie de ces deux reconnaissances ( l’autre état par l’international coaching fédération).
Cependant, ces diplômes ne sont pas encore obligatoires pour exercer, et c’est un vrai problème. Sans ma formation, je n’aurais jamais appris les limites déontologiques indispensables : un coach ne touche pas aux traumas, à la dépression, au burn-out ou aux troubles alimentaires. C’est précisément ce que fait le personnage interprété par Pierre Niney, menant tragiquement une personne au suicide.
Réglementer la profession permettrait d'éliminer les personnes non qualifiées et de protéger les clients. Cela éviterait le point de bascule entre le coach et le gourou.
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Le coach sert l’intérêt de son client.
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Le gourou (ou le coach guidé par son ego) cherche la reconnaissance, l'admiration et le pouvoir. Dans le film, Coach Matt agit pour nourrir son image de sauveur, et non pour le bien-être réel de ses coachés.
Rappelons-nous une chose : des personnes avec de mauvaises intentions existent partout. On a vu des chirurgiens condamnés pour viol, des policiers tirer sur des innocents, ou des psychiatres commettre des erreurs fatales. Pourquoi le coaching échapperait-il à cette réalité humaine ? L'habit ne fait pas le moine, et le diplôme ne garantit pas l'éthique à vie, d'où l'importance de bien choisir son accompagnant.
Ce que j’ai aimé : le côté humain
Malgré mes critiques, j’ai aimé voir la vulnérabilité du personnage. Je me suis reconnu dans cette scène où il parle de son métier à son frère et que celui-ci le dénigre. Le coaching reste un métier méconnu et souvent moqué par l’entourage.
Avant d’être coachs, nous sommes humains ! Le coaching est un métier, pas un état de perfection. Nous n’avons pas une routine parfaite tous les jours, nous n'avons pas que des pensées positives, et nos relations ne sont pas toujours au beau fixe. Et tant mieux ! Parce que sans nos propres failles, nous ne pourrions jamais vous comprendre.
Nos failles d'humains sont nos forces de coachs.

Pour vous protéger, voici les "Red Flags" d'un coach à éviter
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Il vous promet des miracles : "Bien sûr Catherine, vous pouvez ouvrir votre société demain et générer 3 000 € dès le premier mois."
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Il sort de son champ de compétence : S’il commence à vous donner des conseils médicaux, nutritionnels ou à creuser des traumas profonds sans être thérapeute, fuyez.
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Il utilise des questions induites : "Vous ne pensez pas qu'il serait mieux pour vous de... ?" (Il essaie de vous soumettre sa propre solution).
Mon conseil : Privilégiez un coach diplômé. Même si certains coachs non certifiés sont excellents, le diplôme reste un gage de sécurité et de respect d'un code de déontologie. Le but ultime du coaching est que vous trouviez vos propres réponses et que vous gagniez en autonomie.
